Sur le thème : « La phraséologie : réflexions et nouvelles perspectives »
Sous la direction de
Valérie Gauthier-Fortin
Chaque langue naturelle et vivante possède un lexique qui lui est propre. Ce lexique peut révéler des indices de l’appartenance culturelle du groupe qui l’utilise. Cela s’explique par la relation d’interdépendance entre langue et culture ; la langue est façonnée et influencée par la culture, et la culture se construit et se transmet largement à travers la langue (1). La culture reflète la vision du monde d’un groupe et s’inscrit dans le cadre d’une réalité spécifique à ce groupe.
Grâce à cette indissociabilité entre langue et culture, la langue, plus qu’un simple instrument de communication, rend possible l’expression des spécificités culturelles des locuteurs. Ainsi, la langue agit comme un vecteur d’unités linguistiques qui distinguent un groupe de locuteurs d’un autre et qui, par conséquent, sont parfois méconnues par les locuteurs extérieurs à un groupe. Ces unités linguistiques se manifestent notamment à travers les phraséologismes.
La phraséologie trouve sa légitimité comme objet d’étude en raison de la place centrale qu’elle occupe dans la langue écrite et orale (2). Bien que ce domaine ait connu des avancées importantes au cours des trente dernières années, il demeure un vaste terrain d’exploration. La grande disparité terminologique qui le caractérise en témoigne. Initialement considérés comme des unités marginales (3), les phraséologismes forment désormais un champ d’études immense et en constante expansion (4). Sa terminologie est donc étendue et non unifiée (5), et les frontières entre certains types d’unités phraséologiques sont parfois poreuses, permettant l’émergence de nouvelles unités et la diversité des points de vue.
La phraséologie est aujourd’hui étudiée dans ses nombreux rapports avec d’autres disciplines. Dans cette perspective, les propositions pourront explorer, à titre indicatif et non limitatif, les axes de réflexions qui prennent forme lorsque la phraséologie rencontre les diverses disciplines suivantes :
- lexicologie, terminologie et/ou lexicographie ;
- pragmatique, contexte, analyse du discours et/ou variation(s) ;
- didactique des langues (phraséodidactique), traductologie et/ou langue en contact ;
- cognition ;
- et traitement automatique des langues.
En raison de l’imbrication entre langue et culture, la dyade phraséologie-culture (phraséoculturologie) constitue un thème transversal servant de fil conducteur aux autres thématiques de cet appel. La culture se manifeste de diverses façons dans la phraséologie, notamment à travers les symboles auxquels se rattache une signification particulière au sein d’un groupe donné (6).
Lorsqu’elle est abordée sous l’angle de la lexicologie, de la terminologie et/ou de la lexicographie, la phraséologie fait l’objet d’analyses descriptives et structurelles. On s’intéresse alors au phraséologisme, énoncé polylexical (7) auquel se rattachent des caractéristiques fonctionnelles précises. À titre d’exemple, un phraséologisme peut avoir des nuances de sens ou des valeurs différentes selon la culture. Les travaux relevant de cette catégorie visent, entre autres, à décrire les phraséologismes, à en comprendre les mécanismes de formation et/ou à confectionner des dictionnaires (monolingues, bilingues ou spécialisés) ou de nouveaux outils.
La phraséologie peut également être étudiée sur les plans de la pragmatique, du contexte, de l’analyse du discours et/ou de la (des) variation(s). Les chercheurs explorent alors les usages et les dynamiques contextuelles des phraséologismes. Les études sociolinguistiques dites variationnistes s’inscrivent selon nous dans cette perspective, analysant l’influence de divers facteurs (notamment culturels) sur la phraséologie. Parmi ces facteurs, on trouve le temps, l’espace géographique, la classe sociale, la situation de communication, le canal de transmission de l’information, l’âge et le sexe.
Dans son rapport avec l’enseignement, l’apprentissage et la traduction, la phraséologie constitue souvent un écueil pour les locuteurs, générant de nombreux défis dans la transmission et l’utilisation de ces unités linguistiques. La complexité des phraséologismes, tels que les locutions, est souvent soulignée, en raison de leur dimension culturelle, de leur opacité sémantique, de leurs particularités régionales ou encore de leur polysémie, ce qui rend leur maitrise d’autant plus difficile.
Qui dit enseignement-apprentissage des phraséologismes dit aussi processus mentaux liés à la compréhension de la phraséologie. Cette thématique soulève donc des enjeux liés aux processus mentaux impliqués dans leur compréhension et leur acquisition. Plusieurs facteurs influencent le processus de compréhension des unités phraséologiques ; certains se rapportent à l’unité elle-même (par exemple, son degré de familiarité), tandis que d’autres relèvent des caractéristiques de l’énonciateur (par exemple, son âge) (8).
Quand la phraséologie rencontre la technologie, cela ouvre de nouvelles perspectives, notamment en ce qui a trait au traitement automatique et au repérage des phraséologismes. De telles unités causent parfois des difficultés en raison de leur double interprétation possible, le cas échéant : l’une étant le produit d’une lecture compositionnelle (littérale) et l’autre, d’une lecture non compositionnelle. Ces enjeux soulignent l’importance des avancées en intelligence artificielle et en traitement automatique des langues dans l’étude de la phraséologie.
Ces différentes catégories ne sont ni mutuellement exclusives ni exhaustives. Elles peuvent se recouper, comme en témoignent les études portant sur la création de dictionnaires visant à faciliter l’apprentissage des phraséologismes en français langue seconde, par exemple.
Les phraséologismes ciblés peuvent être autant d’ordre pragmatique (par exemple : un pragmatème comme « à vos souhaits ») que d’ordre sémantique (par exemple : une locution verbale comme « avoir la tête dans les nuages »).
Ce numéro cherche à réfléchir à la phraséologie dans toute sa complexité et à contribuer au champ analytique qui prend forme dans ces diverses intersections, tout en proposant de nouvelles perspectives théoriques, méthodologiques et appliquées.
Soumission des articles
Les personnes intéressées annonceront leur projet à Valérie Gauthier-Fortin (vgauthierfortin@laurentienne.ca) et à Denis Martouzet (denis.martouzet@univ-tours.fr). Les articles seront envoyés aux mêmes adresses. Ceux qui traverseront avec succès le processus d’évaluation par les pairs seront publiés dans le volume 21, no 2 de la revue Nouvelles Perspectives en Sciences Sociales.
Consignes aux autrices et aux auteurs
Les articles proposés devront respecter les normes éditoriales de la revue, disponibles à l’adresse suivante : http://npssrevue.ca/guide/ (rubrique « Guide des auteurs » : voir « Consignes générales » et « Bibliographie et notes »).
Calendrier
- Publication de l’appel à contributions : mai 2025
- Date limite d’envoi des articles : 31 décembre 2025
- Parution du numéro : mai 2026
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(1) Wang Wen-Cheng, Lin Chien-Hung et Chu Ying-Chien, « Cultural Diversity and Information and Communication Impacts on Language Learning », International Education Studies, vol. 4, no 2, 2011, p. 111‑115, https://doi.org/10.5539/ies.v4n2p111.
(2) Béatrice Lamiroy, « Pour une approche diatopique des expressions figées : Étude du cas belge : J’ai un œuf à peler avec vous et J’en parlerai à mon frigo », Lingvisticae Investigationes, vol. 43, no 2, 2020, p. 190‑213, https://doi.org/10.1075/li.00046.lam.
(3) Michael Lewis, The Lexical Approach. The State of ELT and a Way Forward, Hove, Language Teaching Publications, 1993.
(4) Lucia Rosenbaum Franková, « Phrasèmes spécialisés dans les textes économiques », dans Olivier Kraif et Agnès Tutin (dir.), Phraséologie et linguistique appliquée, Cahiers de lexicologie, no 108, 2016, p. 43-57.
(5) Sans prétention d’exhaustivité, la liste suivante illustre la diversité des hyponymes du phrasème, certains étant parfois considérés comme (quasi) synonymes par certains auteurs : pragmatème, sémantème, collocation, cliché, parémie, dicton, proverbe, maxime, adage, expression (toute faite, fixe, contrainte, idiomatique, figée), locution, idiome, lexie complexe, phrase préfabriquée et séquence figée.
(6) Geert Hofstede et Gert Jan Hofstede, Cultures and Organizations. Software of the Mind. Intercultural Cooperation and its Importance for Survival, 2e édition, New York, McGraw-Hill, 2005.
(7) Amélie Hien, Ali Reguigui et Valérie Gauthier, « Altérité dans le français canadien : voyage culturel à travers des unités phraséologiques franco-ontariennes et québécoise », dans Michele De Gioia, Alison Gourvès-Hayward et Cathy Sablé (dir.), Actes du Colloque international GLAT Padova 2016, Université de Padoue, 17-19 mai, Acteurs et formes de médiation pour le dialogue interculturel, Brest, Institut Mines-Télécom, 2017, p. 187-198.
(8) Marija Omazić, « Processing of Idioms and Idiom Modifications: A View from Cognituve Linguistics », dans Sylviane Granger et Fanny Meunier (dir.), Phraseology. An Interdisciplinary Perspective, Amsterdam, John Benjamins Publishing Company, 2008, p. 67‑79.
Sur le thème : « L’héritage de la notion de tiers-monde »
Sous la direction de
Jocelyne Praud, Simon Laflamme et Denis Martouzet
Aujourd’hui la notion de tiers-monde n’est plus couramment évoquée dans le débat sur le développement. Cependant la pensée sur le développement, en économie mais également dans d’autres disciplines, s’est constituée, dans la période qui a suivi la seconde guerre mondiale et les processus de décolonisation, en grande partie autour de ce concept, censé s’appliquer à l’ensemble des pays concernés par cette problématique de développement. De ce fait il peut être intéressant de s’interroger sur la continuité et surtout les ruptures avec cette approche fondatrice que les débats actuels autour de la notion de développement impliquent.
Le terme de tiers-monde est introduit par Alfred Sauvy, démographe et économiste, en 1952, rejoint par Georges Balandier, anthropologue, dans une publication commune en 1956. Un débat s’est néanmoins instauré sur la définition du terme, dès son énoncé par ses initiateurs.
Dans les années 50, le terme paraissait avoir un contenu essentiellement géopolitique, dans la mesure où le contexte de guerre froide définissait deux blocs, les pays occidentaux autour de l’OTAN et les pays communistes autour du pacte de Varsovie. Le Tiers-Monde était donc censé regrouper les pays qui ne s’inscrivaient pas dans ces deux blocs, ce qui rapprochait d’ailleurs la notion de celle des « pays non alignés » qui s’étaient constitués en bloc lors de la conférence de Bandoeng en 1955.
Cette interprétation géopolitique a été remise en cause par les initiateurs de la notion (Balandier en particulier en 2003), alors même que la situation géopolitique originelle avait évolué. Selon eux le terme renvoyait plutôt à une domination de ces pays par l’Occident, notamment en termes de références politiques et culturelles, et à leur volonté d’en sortir, en lien avec le processus de décolonisation, celui-ci allant au-delà de la simple obtention d’une indépendance politique. Le concept de tiers-monde était dans cette perspective rapproché de celui de tiers-état dans le contexte de la Révolution française et renvoyait donc à une demande de reconnaissance de la volonté de ces pays d’être des acteurs de leur propre développement.
Cette dimension renvoyait également à la caractérisation économique des « pays du tiers-monde » autour de la notion d’inégalité de revenu par tête et donc de niveau de développement par rapport aux pays développés, mais aussi en liaison avec les caractéristiques structurelles de leurs économies, centrées sur l’exploitation des ressources naturelles et l’agriculture, en l’absence d’un véritable développement industriel, cette situation de marginalisation économique tendant à se reproduire par le simple jeu du fonctionnement de l’économie de marché à l’échelle globale. Cette situation a conduit les économistes se réclamant de la notion de tiers-monde à développer des théories et des analyses en rupture avec les enseignements de l’économie néo-classique dominante, qui ont constitué la base de ce qui est apparu comme « l’économie du développement » illustré par exemple par Prebish et Singer en Amérique latine ou François Perroux dans le monde francophone.
Au fil du temps la notion de tiers-monde a eu tendance à s’effacer au profit de termes concurrents.
La notion de « pays en voie de développement » s’y est d’abord substituée, renvoyant implicitement à l’idée d’un processus de développement à vocation universelle, conduisant les pays vers la situation des pays développés, validant implicitement la vision d’une trajectoire et d’un terme unique, conforme à la vision de la trajectoire de développement développée par Lewis et plus largement par l’économie néo-classique.
Les organisations internationales ont développé un classement des pays en fonction de leur niveau de revenu par tête, considéré comme un indicateur de leur niveau de développement, même si celui-ci peut être complété par d’autres indicateurs, notamment l’indicateur de développement humain. La Banque Mondiale définit, à côté des pays à revenu élevé, les Pays les Moins Avancés (PMA) et les Pays à Revenu Intermédiaire (PRI), eux-mêmes divisés en deux sous-catégories, introduisant donc une hétérogénéité dans l’ensemble des pays considérés comme en développement. Cette hétérogénéité se retrouve dans la classification du PNUD qui distingue les pays à très haut développement humain, ceux à haut développement humain, ceux à développement humain moyen et ceux à faible développement humain. Cette typologie est à mettre en relation avec la notion d’émergence qui renvoie à une accélération du processus de développement et a conduit à mettre en avant une catégorie nouvelle, celle des « pays émergents », au sein des pays considérés comme en développement : ces pays se retrouvent généralement dans la catégorie « haut développement humain ».
Compte tenu de cette évolution lexicale et typologique, il est clair que l’approche en termes de Tiers-Monde est aujourd’hui dépassée dans le contexte actuel des débats sur le développement, en particulier en économie du développement. Mais les dimensions qui ont présidé à sa caractérisation sont toujours présentes, notamment dans les dénominations les plus récentes de « Suds » et « pays émergents » :
- « Les Suds » est une expression aujourd’hui couramment employée par les géographes qui vise à regrouper des pays effectivement situés dans la partie sud de la planète, mais que l’on oppose à un Nord regroupant l’essentiel des pays développés. La notion de « Sud Global » s’appuie sur cette vision, mais elle entend faire référence aux capacités économiques croissantes de pays émergents mais aussi à une autonomie à la fois économique et politique des pays du Sud les plus puissants par rapport aux problématiques mises en avant en Occident, ce qui renvoie à une dimension géopolitique, même si elle s’inscrit dans un contexte très différent de celui des blocs antagoniques, antérieur à la chute du mur de Berlin.
- La pensée « décoloniale », quant à elle, renvoie à la nécessité d’une remise en cause de références considérées comme universelles mais liées à des structures de pensée héritées du monde occidental. Elle valorise au contraire l’affirmation de pensées et de systèmes de références propres aux sociétés dominées du Sud, aspirant à être ainsi reconnues, ce qui rappelle la vision de Balandier assimilant le tiers-monde à un tiers-état qui ne veut plus « être rien ». Ces approches « décoloniales » intègrent d’ailleurs explicitement dans leur critique de la pensée occidentale sur le développement celle de la notion de tiers-monde.
- De même continue à s’exprimer la nécessité d’outils spécifiques d’évaluation de la situation économique des pays du Sud, autour par exemple de la notion de dette écologique des pays du Nord, dans la perspective de la transition écologique et du développement durable, de mesure du « développement humain », de la redéfinition, au-delà du revenu par tête des différents pays, des inégalités entre pays, par exemple en termes de capabilités au sens d’ Amartya Sen ou d’indicateurs du « bien-vivre » ou du « bonheur national brut », proposés dans certains pays.
Ces débats ont mobilisé à l’époque de l’identification des « pays du tiers-monde », et continuent à mobiliser aujourd’hui autour de ces nouvelles approches, la science politique, l’anthropologie, la géographie, la sociologie ou l’économie.
Le numéro spécial de la revue aurait donc pour objectif d’apporter un regard pluridisciplinaire sur la continuité et les ruptures sur les débats sur le développement qu’illustre le déclin de la notion de tiers-monde. Un élément important paraît être la remise en cause de l’unicité d’une trajectoire de développement à vocation universelle et d’une vision unifiée de ce qui caractérise le développement, ce qui implique à la fois l’économie, la science politique et la géopolitique et la réflexion épistémologique. On peut identifier les points suivants qui peuvent orienter les contributions à ce numéro spécial.
Sur le plan économique tout d’abord, les pays du tiers-monde étaient caractérisés par l’importance de l’exploitation des ressources naturelles, agricoles ou minières, qu’elle soit considérée comme une faiblesse structurelle des pays concernés dans le cadre des théories de la dépendance, ou comme la conséquence de leur retard par rapport à une trajectoire de « changement structurel » caractérisée par la marche vers l’industrialisation. On peut s’interroger sur les points suivants :
- Qu’en est-il à l’heure actuelle de ce changement structurel dans les Suds, à l’heure où, dans le domaine des ressources naturelles la puissance économique et géopolitique des pays pétroliers du Golfe s’affirme ? En particulier, quel est le rôle des ressources naturelles ou de la relation aux nouvelles technologies dans le positionnement des différentes régions et pays dans un contexte de transition écologique et d’émergence de nouvelles ressources critiques, par exemple des ressources minières comme les « terres rares » cruciales dans une perspective de transition énergétique et de révolution numérique et où la diversité des trajectoires agricoles dans les Suds entre trajectoires lewisienne et non lewisienne s’affirme ?
- Comment se redessine l’importance de l’industrialisation dans la caractérisation des trajectoires de développement des pays du Sud à l’heure des délocalisations, mais aussi de la restructuration des filières globales alors que l’industrialisation se développe de manière très différenciée dans les pays du Sud, entre l’Asie très concernée, l’Amérique latine et surtout l’Afrique subsaharienne nettement moins ?
- De même, alors que les « pays du tiers-monde » étaient caractérisés dans la seconde moitié du XIXe siècle par leur « explosion démographique », l’avancement de la transition démographique qui met en avant l’importance de la structure de la population au-delà de sa croissance est fortement différencié selon les pays et les régions. Cette question est liée à des problématiques importantes comme les questions de genre ou le vieillissement. Compte tenu de la temporalité forte des variables démographiques, comment modifient-elles leur positionnement économique et leur poids géopolitique ?
Sur le plan politique, les pays du tiers-monde ont été souvent assimilés aux pays non alignés, définis par leur neutralité et leur indépendance par rapport aux deux blocs antagonistes de la seconde moitié du XXe siècle. Le non-alignement a-t-il encore un sens aujourd’hui pour les pays du Sud, alors que les références géopolitiques dominantes sont l’Occident et le « Sud Global » ? La notion de multi-alignement, invoquée par exemple à propos de l’Inde s’y est-elle substituée ? Quel rôle jouent les processus d’émergence économique dans la redistribution du pouvoir géopolitique entre nations et regroupement de nations ? Comment ces facteurs influent-ils sur les formes de gouvernance à l’échelle mondiale ?
Concernant maintenant la dimension épistémologique, l’émergence de la pensée décoloniale dans différents domaines entend remettre en cause des structures de pensée héritées du monde occidental à travers notamment les processus de colonisation. Quelle est la portée épistémologique de cette remise en cause dans les différentes disciplines des Sciences Sociales ? A priori, on peut penser que certaines, comme la sociologie ou l’anthropologie, sont plus concernées que d’autres, comme la science économique. Cet a priori se vérifie-t-il dans la réalité ? La nécessité d’approches pluridisciplinaires le remet-il en cause ? Quelles sont dans les différents domaines concernés les caractéristiques et la spécificité des analyses qui pourraient être qualifiées de décoloniales dans les différentes disciplines sur les différentes régions concernées ?
Soumission des articles
Les personnes intéressées annonceront leur projet aux trois responsables scientifiques : Jocelyne.Praud@viu.ca, slaflamme@laurentienne.ca et denis.martouzet@univ-tours.fr
Les articles seront envoyés aux mêmes adresses ; ceux qui traverseront avec succès le processus d’évaluation par les pairs seront publiés dans le volume 22, no 2 de la revue Nouvelles Perspectives en Sciences Sociales.
Consignes aux autrices et aux auteurs
Les articles proposés devront respecter les normes éditoriales de la revue, disponibles à l’adresse suivante : http://npssrevue.ca/guide/ (rubrique « Guide des auteurs » : voir « Consignes générales » et « Bibliographie et notes »).
Calendrier
- Publication de l’appel à articles : mars 2026
- Date limite de réception des articles : juin 2026
- Évaluation en double aveugle des articles : de juin à octobre 2026
- Date limite de réception de la version finale des articles acceptés : décembre 2026
- Parution du numéro : mai 2027