Charte pour la direction de numéros NPSS

Madame, Monsieur, cher(e) collègue,

Vous avez accepté de diriger le volume XXX, numéro XXX de la revue Nouvelles perspectives en sciences sociales (Npss). Nous vous en remercions.
Cette tâche est à la fois fondamentale pour la revue et demande un investissement important. Elle demande également une bonne connaissance de la revue et une maîtrise minimale des codes, normes, orientations et méthodes souhaités et pratiqués par le comité de rédaction.
Afin de faciliter votre travail de direction de numéro et la relation entre vous et la direction de la revue, représentée par son rédacteur en chef, nous vous demandons de signer la charte suivante, qui prescrit les tâches à accomplir et organise la relation devant exister entre la direction de la revue et celle d’un numéro.

I – Préambule

Le choix de solliciter des personnes pour assurer la direction de numéros thématiques de la revue appartient au comité de direction de la revue. Ce choix est appuyé sur la nécessité de confier le volume concerné à un spécialiste ou un habitué du domaine sur lequel porte ce volume.
La personne qui accepte de mener à bien cette tâche est responsable de la gestion des articles, de leur évaluation externe et de la mise en œuvre des corrections demandées par les évaluateurs. Elle doit également proposer un ordre d’apparition des articles dans le volume. Il lui appartient également de signaler, autant que faire se peut, les défauts du texte sur le plan de son orthographe et de la syntaxe, ainsi qu’en matière de conformité ou non aux normes éditoriales de la revue. Sur ces deux derniers points, la direction de la revue apportera son aide, particulièrement pour la mise aux normes éditoriales.

Ce travail doit être mené à bien dans un temps limité et permettre de respecter les dates de publication (mai et novembre de chaque année). L’expérience montre qu’il faut environ quinze mois pour que le projet de numéro devienne réalité et que celui-ci soit imprimé (annexe 1).
Enfin, il est impératif que le responsable du volume informe très régulièrement la direction de la revue. Il doit répondre rapidement à toute demande de la direction de la revue et informer également (au moins une fois par quinzaine) la direction de la revue (annexe 2). En cas de difficulté risquant de mettre en cause la publication en temps et heure du volume, la personne responsable doit informer très rapidement la direction de la revue afin que celle-ci puisse prendre les mesures lui semblant de nature à régler le problème.

II – Les tâches

En conséquence, la personne assumant la direction du numéro doit effectuer un certain nombre de tâches et respecter un certain nombre de règles :

1 – Mise en œuvre : les principales étapes

– Préparation et soumission à la direction de la revue d’un appel à articles qui sera déposé sur le site de la revue
– Diffusion de l’appel à articles
– Demandes de textes à certains spécialistes de la question traitée par le numéro
– Réception des articles proposés et avis de réception aux auteurs
– Transmission des textes reçus à la direction de la revue pour que le comité de lecture interne puisse se positionner et accepter ou
refuser

le texte. La direction du numéro est sollicitée en premier lieu pour donner son avis sur l’opportunité de faire évaluer le texte

– Recherche des évaluateurs : envoi de courriels aux personnes susceptibles de relire les articles reçus
– Gestion de l’évaluation : communication avec les auteurs et les évaluateurs
– Réception des rapports d’évaluation
– Gestion des réécritures demandées
– Réception des textes réécrits et mis en forme, vérification (orthographe, syntaxe, normes…)
– Proposition d’ordre d’apparition des articles dans le volume

La direction de la revue s’occupe, quant à elle, de la gestion des articles hors thème (ou varia) et des notes de lecture.

2 – Règles fondamentales

Tableau de bord

La direction de la revue fournit à la direction du numéro un tableau que celle-ci doit renseigner et renvoyer périodiquement à la direction de la revue. Ce tableau est présenté en annexe de cette charte. Son objectif est de fournir à la direction de la revue toutes les informations « en temps réel » concernant : le nombre d’articles proposés, le nombre d’évaluateurs obtenus par texte (au minimum 2, si possible 3), les délais consentis pour les évaluations et la remise des rapports.

L’évaluation « collaborative »

La revue Npss propose aux auteurs et évaluateurs, après la fin de l’évaluation classique en double aveugle, une phase de débat à visage découvert. Cette phase 2 est totalement facultative et auteurs et évaluateurs peuvent l’accepter ou la refuser. La direction du numéro doit cependant systématiquement la proposer. Cette procédure est décrite succinctement sur le site de la revue et la direction du numéro disposera d’une fiche explicative plus détaillée fournie par la direction de la revue et qu’elle devra adresser aux auteurs et évaluateurs lors de son courriel de proposition de la phase collaborative.

Gestion des réécritures

En cas d’évaluation classique sans phase collaborative, la direction du numéro doit s’assurer que les auteurs ont répondu aux évaluateurs et ont modifié leur article ou ont avancé des arguments pour ne pas le faire. En cas de conflit ouvert sur cette question, la direction de la revue est amenée à intervenir et à trancher. Dans le cas d’une phase collaborative, la direction de la revue doit être au fait des discussions entre auteurs et évaluateurs. Pour cela elle se fait mettre en copie des échanges et détermine la fin de la phase de réécriture en fonction du calendrier.

Information

Ainsi qu’il est dit dans le préambule, la direction du numéro informe constamment la direction de la revue. Pour cela, elle renseigne le tableau de bord du volume et met la direction de la revue en copie de ses échanges avec auteurs et évaluateurs (sauf lorsque cet échange lui paraît devoir garder une confidentialité). Cette information « en temps réel » permet d’éviter que la direction de la revue ne puisse déterminer où en est le volume, s’il risque ou non d’être retardé dans sa publication, voire ne pas aboutir. C’est dans cet esprit également que la direction du numéro doit répondre très vite et précisément aux demandes d’informations de la direction de la revue. Cette règle d’information est donc impérative et constitue une obligation incontournable de la direction d’un numéro.

En cas d’abandon de la direction du numéro en cours, le directeur/la directrice du numéro doit immédiatement informer la direction de la revue et lui transmettre toutes les informations dont il/elle dispose sur le numéro en cours de préparation. Sa responsabilité n’est pas mise en cause du fait de cet abandon.

La direction de la revue se met au service de la direction du numéro pour lui apporter toute l’aide dont celle-ci peut avoir besoin. De son côté,
la direction du numéro doit s’approprier les normes éditoriales de Npss (sur le site Npss) et inciter ses auteurs à les respecter au mieux et le plus tôt possible.

Les annexes qui suivent permettent de préciser certains aspects évoqués ci-dessous.

Fait le XXX en 2 exemplaires,

Lu et approuvé

Le directeur / la directrice du numéro Le rédacteur en chef

Annexe 1 : Le calendrier type d’un volume
Le calendrier type ci-dessous évalue approximativement les délais nécessaires pour chaque étape de la production d’un volume (ce dernier est toujours déjà programmé depuis quelques mois). Il concerne un numéro devant paraître en novembre 2018. Un calendrier identique est obtenu au-dessous pour un numéro devant paraître en mai 2019 en faisant commencer la procédure en mars.

Calendrier de production des deux numéros annuels de Npss : publication en novembre 2018

Sans titre-1

Calendrier de production des deux numéros annuels de Npss : publication en mai 2019

Sans titre-2

Annexe 2 : tableau de bord du volume Npss

Sans titre-3

Dans le tableau réel, les auteurs apparaissent par ordre alphabétique pour faciliter l’utilisation.
Les couleurs permettent de déterminer quels textes sont évalués totalement, partiellement, quels évaluateurs ont dit non ou oui ou n’ont pas répondu (PDR)

Annexe 3 : Formulaire d’évaluation classique NPSS

FORMULAIRE D’ÉVALUATION : cette page 1 n’est pas adressée à l’auteur. Seule les pages suivantes du formulaire lui sont communiquée. Soyez-y aussi constructif(ve) et aussi exhaustif(ve) que possible.

Sans titre-4

Annexe 4 : Note sur l’évaluation collaborative

Madame, Monsieur, cher(e) collègue,

Vous nous avez adressé un article en vue d’une publication dans la revue Nouvelles Perspectives en Sciences Sociales ou celle-ci vous a sollicité(e) pour effectuer l’évaluation d’un texte qui lui a été adressé pour publication. Nous vous proposons, à cette occasion, de participer à un mode complémentaire d’évaluation décrit ci-dessous.

I – Réflexions critiques sur l’évaluation des articles : un système insatisfaisant :

Le système d’évaluation que nous pratiquons pour la revue (et que pratiquent toutes les revues scientifiques) ne nous satisfait pas entièrement. Nous savons tous qu’il est parfois difficile d’assumer des critiques, aussi justifiables soient-elles, qui semblent mettre en cause notre travail sans qu’il soit clairement établi que l’évaluateur et nous parlons bien de la même chose et que nous nous comprenons parfaitement. Pour remédier à cela, nous avons fait l’expérience, dans notre revue, d’un mode complémentaire d’évaluation qui nous paraît apporter un gain d’efficience et d’éthique.

Dans le système d’évaluation classique actuellement pratiqué, des appréciateurs que l’on connaît parfois mal, paraissent se trouver dans une posture en surplomb de l’auteur et, parfois, lui assènent des « vérités » dont l’auteur peut penser qu’elles ne sont que les leurs et ne valent pas a priori forcément mieux que les siennes.

Les appréciateurs ont souvent raison dans leurs remarques, mais pas toujours. Ils apportent des idées et des conseils précieux aux auteurs, mais pas seulement. Ils apportent aussi parfois une vision exclusive, un ton péremptoire, voire, même si c’est exceptionnel, des propos dévalorisants pour l’auteur. Que dire alors de la situation où les qualités reconnues à l’auteur par la communauté sont au moins équivalentes à celles de son appréciateur?

II – Un système complémentaire :

Aussi, au lieu de mettre l’auteur et l’appréciateur en position d’examiné et d’examinateur, nous proposons de les mettre en position d’associés dans la réussite du travail.

Cela se fait en deux phases :

– Phase 1 : c’est une évaluation classique, dans laquelle l’auteur est anonyme et ses évaluateurs également.
– Phase 2 : si auteurs et appréciateurs l’acceptent (et seulement dans ce cas), la rédaction adresse aux auteurs concernés les coordonnées
des appréciateurs ayant accepté cette phase et fait de même pour les appréciateurs en leur adressant les coordonnées des
auteurs qui ont acquiescé à cette procédure.

Dans la phase 1, donc, rien ne change par rapport aux habitudes d’évaluation dans le monde scientifique. Si l’on s’arrête là, les articles ont donc fait l’objet d’une évaluation extérieure doublement anonyme.

Dans la phase 2, les appréciateurs sont alors connus des auteurs et inversement. Les uns et les autres doivent dialoguer : les appréciateurs doivent indiquer leurs questions et désaccords, l’auteur s’expliquer et être en mesure de défendre ses positions. Le débat contradictoire sur certains points doit pouvoir se dérouler jusqu’à ce que l’auteur soit convaincu que ce qui lui est suggéré est juste ou acceptable par lui et/ou que les appréciateurs soient également convaincus que les modifications refusées par l’auteur n’étaient, finalement, pas si nécessaires.
Et lorsque le désaccord persiste, le comité de rédaction, avec le directeur du numéro, joue un rôle de médiateur. Au cours des expériences réalisées, le comité n’a pas eu besoin d’intervenir. Il a seulement été informé des échanges et était en mesure de donner un avis, s’il lui était demandé.

III – Une démarche d’efficience :

Nous avions pensé qu’une telle démarche devait entraîner des contraintes, notamment en termes de temps passé. L’expérience ne nous a rien révélé de tel. Le travail d’évaluation a été plus dynamique, plus intéressant pour les appréciateurs, il a été plus serein pour tous. Les auteurs nous ont dit leur plaisir de rencontrer des collaborateurs et non des censeurs. Des relations se sont nouées entre chercheurs de même domaine ou de domaines connexes, ou encore différents, des fertilisations croisées semblent s’être amorcées. En outre, la vérification de la prise en compte par les auteurs des demandes des appréciateurs a été facilitée, puisque les auteurs les ont définies et effectuées avec leurs appréciateurs.
Une telle expérience innovante va, selon nous, dans le sens d’une évaluation à la fois de meilleure qualité et plus acceptable par tous, auteurs, appréciateurs et responsables de la revue.

Cette façon de procéder présente divers avantages qu’il est important de mettre en évidence :

– d’une part, l’évaluation du texte proposé repose sur des critères qui, définis par la revue, sont explicités et débattus entre tous les
participants, auteur compris. De ce fait, les situations de conflit se trouvent limitées.
– D’autre part, la délibération ainsi engagée a pour but de guider l’auteur vers une amélioration de son article : le projet peut ainsi
devenir plus conforme aux attentes collectives en respectant les positions de l’auteur.
– Les évaluateurs et le comité de rédaction qui doivent, à terme, prendre une décision de recevabilité ou non de l’article évalué ne
perdent pas leur autonomie pour la décision finale, mais apportent en toute liberté et transparence leurs positions et exigences. Leur
participation à la réécriture leur permet aussi de mettre en débat ces exigences ou leur interprétation, de faire éventuellement évoluer
ces dernières et de s’inscrire avec l’auteur dans un consensus ou un compromis.

IV – Une position éthique :

Un tel positionnement nous semble plus conforme au respect dû au travail des auteurs comme des appréciateurs (chacun étant amené à être parfois l’un et parfois l’autre), puisqu’il considère que chacun doit faire preuve de beaucoup d’ouverture d’esprit, ouverture aux autres, aux autres idées, aux autres approches, ce qui paraît être l’essence même d’un travail de recherche scientifique. De même, l’aspect collaboratif apporte-t-il, avec plus de reconnaissance du travail de chacun, avec des débats ouverts et assumés, une efficience qui nous paraît plus grande, puisqu’elle doit permettre de parvenir à un texte enrichi, plus abouti.

Il nous semble que cet exercice conduit vers plus d’éthique et il nous paraît plus conforme à l’idée que nous nous faisons, dans le cadre de notre revue, de ce que doit être un travail de production de connaissances valides, c’est-à-dire collectif, à la fois contradictoire et collaboratif.

V – Une méthode respectant les principes de l’évaluation anonyme :

Nous voulons insister sur le fait que la première phase de l’évaluation participative est une évaluation classique : un texte anonyme est envoyé aux appréciateurs eux-mêmes anonymes, pour une appréciation sur le caractère publiable ou non de ce dernier. Ni l’auteur, ni les appréciateurs ne savent qui évalue, qui a écrit. La première appréciation est donc réalisée en toute liberté, comme dans le système classique.

Ce n’est que dans la seconde phase que l’anonymat disparaît : au lieu d’adresser au comité de rédaction de la revue un rapport définitif avec des recommandations elles-mêmes définitives, l’appréciateur entre en contact avec l’auteur et débat avec lui des modifications qui lui paraissent nécessaires. À ce stade, l’auteur et l’appréciateur travaillent à visage découvert et leur dialogue, qui doit et peut se nouer dans la confiance et le respect mutuel, peut devenir très fécond. Au plus mal, si la délibération tourne court, par manque d’entente ou pour d’autres raisons, la revue dispose d’une évaluation certifiant le caractère publiable (ou non) du texte évalué et des recommandations à elle adressées par l’appréciateur.
C’est la revue qui prend alors en charge, comme dans une évaluation classique, les éventuelles demandes de modification présentées par l’appréciateur.

Nous espérons vous avoir convaincu[e] au moins du fait qu’une autre approche de l’évaluation des articles est possible et peut apporter des avantages explicites. Nous souhaitons aussi vous avoir convaincu[e] de l’intérêt de participer à cette expérience.

Quelle que soit votre position, nous sommes ouverts à vos remarques et vous remercions de votre collaboration passée, présente ou future.